Les maltraitances ordinaires – XLVIIe colloque du RPH – 16 novembre 2024
Si la maltraitance n’est pas un concept psychanalytique, ses effets concernent bel et bien la clinique du psychanalyste. Là où les maltraitances ordinaires ne sont pas toujours perceptibles de prime abord, qu’elles soient de l’ordre psychique, corporel ou organique, il est de la responsabilité du psychanalyste de savoir les détecter afin d’inviter l’être à ne pas agir ses pulsions mais à parler en les associant librement. Pour chacun, la psychanalyse se situe du côté de la castration du Moi pris dans une jouissance morbide sans frein. Sigmund Freud a attiré l’attention sur le fait que « les impulsions primitives, sauvages ou mauvaises de l’humanité n’ont disparu chez aucun individu, […] elles continuent, au contraire, à exister, quoique refoulées dans l’inconscient »1. Associer librement la haine, le sadisme, le masochisme dans la cure peut permettre de dénouer les situations de violences. La psychanalyse est aux premières loges de cet ordinaire funeste. Ainsi, elle est la bienvenue pour attirer l’attention de la société sur les effets de cette maltraitance qui passe le plus souvent inobservée dans son ensemble.
Les maltraitances ordinaires peuvent s’insinuer dans toute relation à partir d’un topos où amour et haine se confondent, causant une souffrance d’autant plus redoutable qu’elle est négligée ou portée en étendard par ceux-là mêmes qui l’endurent. Jacques Lacan, en repérant l’Autre dans la dialectique désirante, nous a montré la voie pour sortir du leurre moïque. À partir de son enseignement et de celui de Freud, le docteur Fernando de Amorim propose une nouvelle lecture métapsychologique des conflits psychiques et de la perspective possible à la sortie d’une psychanalyse.
Comment la psychanalyse vient-elle attester de l’existence de ces maltraitances ignorées ? Quelles sont les organisations intrapsychiques à l’œuvre et comment le psychanalyste les repère-t-il ? De quelles techniques use-t-il ? Dans quelle mesure la cure psychanalytique dénoue et apaise les situations de maltraitance envers l’autre et soi-même ?
À la lumière des communications des membres cliniciens du RPH – École de psychanalyse, le XLVIIe colloque proposera l’opportunité de faire la lumière sur ces maltraitances et d’un ordinaire dont le psychanalyste ne peut se faire complice.
1 Freud, S. (1914). « Lettre à F. van Eeden » in Œuvres complètes, Vol. XIII, Paris, PUF, 2005, p. 125.
Ouverture – Sara Dangréaux, psychanalyste
De l’annulation de la maltraitance à son institution – Julien Faugeras, psychanalyste, docteur diplômé de de l’Université Paris Cité
À corps et à cris – Nazyk Faugeras, psychothérapeute
Maltraite-Moi, tyrannie et jouissance des instances psychiques – Léa-Lou Rakotoasitera, psychothérapeute, doctorante de l’Université Sorbonne Paris Nord
À qui profite le crime ? – Diane Merakeb, psychothérapeute
Les négligences ordinaires – Chloé Blachère, psychothérapeute, docteur diplômé de l’Université Sorbonne Paris Nord
Prolongement des effets thérapeutiques de la cure du parent sur la souffrance de l’enfant – Erwann Gouadon, psychothérapeute, doctorant de l’Université Sorbonne Paris Nord
« La “Mâle-traitance” au féminin » – Ouarda Ferlicot, psychanalyste, docteur diplômé de l’Université Paris Cité
Le schéma freudo-lacanien de l’appareil psychique – Fernando de Amorim, psychanalyste
Conclusion – Laure Baudiment, psychanalyste
Colloque suivant : Le corps en psychanalyse